Alerte au risque hydrologique et demande de mesures préventives

par | 21.02.26 | Darëzezë, écologie, organisation publique

Nouvelle Darëzezë – Municipalité de Fier, 10 février 2026

Cher maire de Fier,

Si, comme beaucoup d’entre nous, vous utilisez des applications de prévisions météorologiques, vous aurez remarqué qu’elles sont de moins en moins fiables, même pour planifier la journée suivante.

Les prévisions changent souvent d’heure en heure de manière contradictoire. Le changement climatique n’est plus un concept abstrait, mais une réalité qui modifie les régimes pluviométriques et rend les modèles statistiques basés sur des données historiques de moins en moins efficaces.

Cela signifie qu’aujourd’hui, nous ne pouvons pas prédire de manière fiable si des épisodes de fortes précipitations, tels que ceux que nous avons déjà connus deux fois en moins de trois mois, se reproduiront, ni quand.

Au cours des derniers mois, plusieurs villages de la municipalité de Fier ont été touchés par des inondations. Même dans la ville de Fier, le niveau de la Gjanica a monté plusieurs fois de plusieurs dizaines de centimètres. La zone située entre la ville et la côte est actuellement saturée d’eau, et de nombreuses parcelles agricoles restent inondées pendant de longues périodes.

L’alerte que j’ai envoyée aux institutions concernées avant Noël, concernant les travaux de compactage du sol observés autour de la lagune de Darëzezë e Re, n’a jusqu’à présent reçu aucune réponse de la municipalité. C’est pourquoi je vous écris à nouveau, cette fois-ci pour souligner clairement le risque d’inondation du village de Darëzezë e Re, où je vis depuis des années, avec lequel j’ai tissé des liens solides et où j’ai l’intention de rester vivre à long terme.

Grâce à votre publication sur les réseaux sociaux, j’ai pris connaissance de votre inspection de l’écluse de Povëlçë et de son fonctionnement actuel. Il y a une semaine, la situation était différente, jusqu’à ce que plusieurs tonnes de matériaux bloquant l’entrée d’eau soient retirées à l’aide d’engins lourds.

Le même jour, en longeant le bord de mer, j’ai remarqué que le niveau de l’eau dans la lagune était nettement plus élevé que celui du canal de déversement. Cette observation ne m’a pas surpris, mais elle a renforcé une préoccupation légitime : les récents compactages autour de la lagune semblent avoir considérablement réduit la capacité d’écoulement des eaux souterraines et la fonction tampon hydrologique de la zone.

Sans entrer ici dans les détails des autres compactages effectués le long de la côte au sud de Durrës, vers la Vjosa — remblais parallèles au littoral et donc perpendiculaires aux canaux de drainage naturels —, je constate qu’aucune évaluation hydrologique ou environnementale préliminaire n’a été rendue publique concernant les conséquences possibles de ces interventions. Je ne suis ni ingénieur ni hydrologue, mais les conséquences visibles sur le terrain soulèvent de sérieuses questions : il existe un risque qu’un territoire, qui a été drainé, stabilisé et rendu habitable grâce au travail continu de plusieurs générations, revienne à son état antérieur d’engorgement.

Ma principale préoccupation reste toutefois le village de Darëzezë e Re. Ce village avait déjà été inondé en 2015, à la suite de fortes précipitations et d’un débit élevé de la Vjosa, ce qui avait contraint à son évacuation, dix ans avant les dernières interventions de compactage. Les conditions de risque existaient donc déjà auparavant, et les récents changements hydromorphologiques semblent augmenter considérablement ce risque.

Dans ce contexte, et en l’absence d’une évaluation indépendante et documentée des risques, ainsi que d’informations claires sur les mesures de protection civile existantes, je demande respectueusement, en tant qu’autorité responsable de la municipalité de Fier, que les mesures suivantes soient prises :

  • aliser une évaluation hydrologique indépendante sur place pour la zone de Darëzezë e Re et sa lagune associée ;
  • envisager un moratoire temporaire sur toute nouvelle compactation dans les zones dunaires et lagunaires sensibles sur le plan hydrologique ;
  • et veiller à ce que les résidents soient clairement et directement informés des risques potentiels et des structures de protection ou d’intervention qui ont été prévues.

Cette demande découle d’une préoccupation directe et personnelle en tant que résident de la région, dans le seul but de prévenir une inondation potentielle et de protéger la sécurité publique.

Je vous remercie de votre attention et reste à votre disposition pour toute information complémentaire. Cordialement,

Khayim Illia